lâcher-prise

Richesse intérieure !

« I.2 Yogashchittavrittinirodhah. » citation des Yoga Sutras de Patanjali

“Le Yoga est l’arrêt de l’activité automatique du mental”. traduction de Françoise Marzet

Il nous permet de nous libérer de nos automatismes ou encore de nous “libérer du connu” comme pouvait le dire Krishnamurti.

Nous prenons alors conscience de ce que nous sommes, réellement.

“Notre conscience profonde, le drashtar, l’Atman, le Soi, le Centre, cette richesse commune à tous les Hommes, source d’amour, de vie, de créativité, que pour la plupart, nous cherchons à l’extérieur, alors qu’elle est en nous”.

Toute cette activité – la recherche de repères extérieurs, de reproduction de ce que je connaissais, de ces réflexes de sociabilisation – qui s’est développée lors de mes premiers mois d’expatriation, n’était qu’agitation.

La pratique du yoga m’a permis de cesser cette agitation automatique presque réflexe. La pratique du yoga m’a fait prendre conscience de cette richesse intérieure, jusqu’alors inexplorée.

L’image utilisée par Philippe Filliot dans “Le yoga comme art de soi” illustre bien cette idée : “Le terme yoga remonte aux textes védiques où il désigne le yoga comme le char d’Indra et de Sûrya tiré par des chevaux sauvages, agités, instables, qu’il s’agit de contrôler et de maîtriser”.

Ainsi par le yoga, je suis ici et maintenant. En conscience, en attention.

Je m’installe dans la posture. Je trouve mon équilibre. J’écoute mon corps et ses contraintes. Je suis consciente de chaque geste, de ma respiration, de mes sensations. Je relâche toutes les tensions inutiles, au niveau musculaire, respiratoire et mental.

Je m’accepte telle que je suis, je lâche-prise.

Je suis alors bien installée, établie en moi-même, dans “cette posture ferme et agréable”.

Je suis.

Je suis alors capable d’AGIR et non de réagir.

SHAVASANA, kesako ?

La traduction de cette posture a de quoi faire frémir les occidentaux : le cadavre.

Come on, this is Halloween or what ?

Il s’agit là de s’étendre par terre, comme dans son lit diront les uns, comme sur son lit de mort diront les autres….dans un juste alignement, les épaules au sol, la colonne dans son axe, du sacrum aux cervicales, les pieds tournés vers l’extérieur, les paumes des mains vers le ciel, les lombaires dans leur courbure naturelle, les yeux se ferment…tout le corps est détendu, la gravité fait son travail. Très bien, no problem

Je respire, mais mes pensées s’entrechoquent. De la posture, elles partent vers ce qui m’attend après, ressassent un événement survenu avant, tout se mélange, mon esprit s’agite, rien n’est calme et reposé.

Je crois que ce qui a fait le déclic c’est cette petite phrase : “you’ll have to SURRENDER”…

Surrender : to give up possession or control of, completely or for a short time…

Déposer les armes, baisser les bras, se rendre, lâcher-prise.

En fait je le sens bien, mes paupières ne sont pas complètement closes, je perçois la lumière. Mes dents se touchent, mes lèvres sont serrées. Voici les signes : je ne me rends pas, je fais semblant. Je suis sur le qui-vive, je ne veux pas relâcher complètement… Que va-t-il arriver si je relâche tout ? Mon esprit va-t-il sortir de mon corps? Je vais disparaître ? Je dois abandonner cette enveloppe corporelle mais mon esprit est bien là, mon énergie aussi, just surrender physically. I close my eyes. Je relâche la machoire inférieure et une expiration par la bouche me permet cette décontraction, la tête s’incline légèrement vers l’arrière, last expir.

Le yoga m’apprend à abandonner tout ce qui n’est pas moi.

Je lâche véritablement prise, je m’abandonne physiquement, mais mon état de conscience reste éveillé, je ressens tout ce qui est en moi, ce qui m’entoure, la lumière, les bruits, le murmure du vent…

Bien-être. Bien être. Etre bien.